poulain

 

C’est la première fois qu’une étude porte sur les bibliothèques françaises sous l’Occupation. Elle est donc bienvenue, puisqu’on connaît assez mal cette période. J’ai appris beaucoup de choses sur les saisies de livres et de bibliothèques et sur l’évacuation des collections précieuses au début de la guerre.

Martine Poulain s’attarde particulièrement sur le cas de la Bibliothèque nationale et de son administrateur, Bernard Faÿ, un personnage assez particulier d’intellectuel profondément vichyssois, réactionnaire et viscéralement anti-maçon.; elle évoque également le sort de nombreuses bibliothèques françaises, de leurs personnels et aussi de leurs lecteurs.

Si ce livre est très riche, très documenté, je doute qu’il touche un public plus large que les professionnels des bibliothèques ou les lecteurs qui s’intéressent de près à la question: les énumérations et listes diverses, obligatoires pour une telle étude, les descriptions un peu techniques (notamment du fonctionnement de la BN ou des services allemands) en rendent parfois la lecture un peu laborieuse.

Mais ce qui m’a peut-être le plus gêné est la subjectivité affichée de l’auteur: le lecteur actuel me semble tout à fait à même de faire la part des choses entre untel qui collabore et dénonce ses personnels et un autre qui assume son travail avec droiture, nul besoin de porter des jugements et de rivaliser de qualificatifs pour dire combien ceux-ci sont détestables et ceux-là admirables!

Malgré tout, cela a été une lecture plutôt agréable et très instructive.

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